GNU/Linux plus facile que Windows ?

Oui.

Novice en informatique, on entend trop souvent des choses comme « Linux c'est compliqué », « Linux, il faut s'y connaître » ou encore, « Linux c'est un truc de geek ». Rien n'est plus faut.

S'il y a bien entendu des distributions Linux que seuls les experts passionnés sont en mesure de bidouiller ; il en existe aussi qui sont spécialement destinées au grand public : Linux Mint, Ubuntu et ses dérivés et encore Handylinux pour ne citer que les plus populaires auprès de celles et ceux qui décident de se séparer de Windows.

Vous allez découvrir que GNU/Linux est très facile à utiliser et beaucoup plus convivial que la légende ne le prétend.

Quels avantages à utiliser GNU/Linux ?

Les avantages à utiliser GNU/Linux sont très nombreux. Voici une revue personnelle de ce qui me parait être des gains substantiels et notables en comparaison de la chape de plomb qu'est devenu Windows.

Si vous êtes du genre à aller droit au but, une réponse très valable et qui vous dispensera de lire la suite, pourrait être formulée ainsi : il n'y a aucune obligation ni fatalité à utiliser le système d'exploitation de Microsoft.

Les mains sur votre volant

Vous êtes le maître à bord. GNU/Linux ne fera strictement rien à moins que vous le lui demandiez explicitement, contrairement à un système propriétaire qui décide tout - ou presque - à la place de l'utilisateur. Rien ne vous oblige à installer ce que vous ne voulez pas installer, ni un nouveau système complet alors que celui que vous avez payé fonctionne encore très bien, ni une fonctionnalité pour votre bien, ni même une obscure mise à jour pour votre bonheur éternel.

Inversement, vous n'aurez probablement rien à désinstaller dès le départ ; pas d'anti-virus à l'essai pour un mois, pas de clé, pas de serrures, pas de flons-flons, pas de paillettes, bref, pas d'obésiciels (bloatware).

Après des années, voir des décennies, sous Windows qui ne laisse pas de choix, sauf entre le tout et le rien, cette liberté (re)trouvée peut faire peur. Il faut bien comprendre que GNU/Linux permet de manipuler votre système d'exploitation, d'en faire un espace agencé à votre goût, à vos besoins, autant qu'il vous laisse le droit de ne rien faire du tout, de refuser ce qu'on vous propose et même de changer de crèmerie (c.-à-d. installer une autre distribution) si tel est votre souhait.

En résumé, les utilisateurs sont des adultes consentants et non des illettrés juvéniles à « protéger » et à diriger de gré ou de force.

Sérénité et efficacité

Les distributions GNU/Linux mentionnées en introduction sont très adaptées pour les débutants. Tout est donc pensé pour faciliter la vie des utilisateurs novices ; entendez par là que vous n'aurez nullement besoin d'une maîtrise en informatique. D'ailleurs, GNU/Linux offre un environnement fiable, techniquement et humainement. La vie en rose sous Linux se déroule sans écran bleu de la mort et votre distribution préférée ne contient ni identifiant publicitaire unique, ni fonctionnalités jadis fantasmées en RDA.

Lorsqu'on a terminé l'installation d'une distribution pour la première fois, ce qui marque le plus est son aspect très dépouillé de toutes fioritures. Habituellement, seules deux icônes sont présentes sur le bureau : le « poste de travail » et un dossier personnel. Même pas la corbeille ! Cela peut sembler bien austère mais c'est aussi le symbole de l'expérience GNU/Linux : la simplicité et le choix d'ajouter des choses en fonction de ses propres besoins.

Cette simplicité est immédiatement visible lorsqu'on fait le tour du propriétaire. Contrairement à Windows où la plupart des gens qui n'ont pas encore jeté l'éponge doivent perdre du temps à désinstaller des logiciels inutiles, désactiver des fonctions imposées de type « si vous décocher cette case le ciel va vous tomber sur la tête »; sous GNU/Linux il n'y a rien à faire de tout ceci. Pas besoin donc de décocher une brouette de cases en espérant être le moins espionné possible. Ainsi que relaté plus haut, on évolue dans un système vierge de logiciels invasifs et dont on a que faire ; il n'y a pas, par exemple, de navigateur qu'on ne puisse pas désinstaller.

Justement, rien de plus facile que d'installer un logiciel choisi parmi les milliers disponibles dans une logithèque. Nul besoin de perdre son temps à chercher sur le net l'application désirée qui pourrait tout aussi bien contenir un virus ou autre vérole car on télécharge ce dont on a besoin depuis « un dépôt », c'est-à-dire un serveur maintenu par les développeurs de la distribution.

La plus éloquente des caractéristiques de GNU/Linux, et non des moindres, est d'ailleurs qu' aucun redémarrage est nécessaire suite à l'installation d'un logiciel. Il en va ainsi pour les mises à jour qui sont opérationnelles instantanément sans redémarrage du système. Une véritable bouffée d'air comparé à la lente lourdeur des mises à jour Windows.

Sécurité

Il n'y a pas particulièrement besoin d'anti-virus lorsqu'on est sur Linux. Cela semble inconcevable mais tient essentiellement au fait que ce système d'exploitation est construit avant tout pour être le plus sécuritaire possible, cela fait partie de l'ADN des systèmes de type Unix (Linux, BSD) où la sécurité est un élément aussi important que les fonctionnalités (pour OpenBSD, c'est même encore plus important).

Au sujet de la nécessité ou non d'un anti-virus sous GNU/Linux ; deux écoles s'affrontent. D'un côté celle qui dit qu'il y a effectivement des virus sous Linux et que par conséquent, il est important de se protéger. L'autre école avance que ces anti-virus ne font que détecter ceux destinés à Windows et que par ailleurs, la diversité du monde Linux fait qu'un virus fonctionnel pour une distribution ne le serait pas forcément sur une autre.

Exemple le plus courant concernant l'aspect sécuritaire de Linux : un mot de passe est demandé dès l'ouverture de session ou dès que l'on veut réaliser une opération modifiant le système, donc potentiellement dangereuse (mise à jour, installation d'un nouveau logiciel, etc). Le mot de passe sera aussi demandé lorsqu'on veut sortir de veille, ce qui empêchera certaines personnes de fouiller vos données durant la pause pipi.

En ce qui concerne les mises à jour, on s'apercevra rapidement qu'elles semblent beaucoup moins fréquentes et en tout cas, largement plus rapides à effectuer. Non, cela ne veut pas dire que les développeurs de (ex.) Debian soient laxistes, bien au contraire car lorsqu'il y a une faille découverte, la communauté s'active comme les photons de l'aube et les correctifs sont disponibles avant que le coq ait pu entamer son premier couplet.

Pour parler du renard, on entend parfois dire au sujet de Windows qu'il a été conçu pour une seule chose : fonctionner. À l'origine, la sécurité n'était même pas une préoccupation première, un aspect tellement peu pris en considération qu'il a été délégué aux logiciels tiers. D'où l'industrie très lucrative des anti-virus et anti-malwares. Même si on peut rétorquer que de nos jours Microsoft prend sérieusement en compte les problèmes de sécurité, le flot aussi continu que fréquent des mises à jour de sécurité devrait inciter tous les usagers à se poser de sérieuses questions quand à la fiabilité du système d'exploitation de Microsoft.

ATTENTION ! Ceci ne veut pas dire que Gnu/Linux soit en béton armé car à partir du moment où on utilise un système informatique quel qu'il soit, dire que le danger rôde constitue une lapalissade. Alors quand bien même Linux a un coussin bien plus épais ; si on fait tout pour avoir des hémorroïdes, on va finir par les avoir.

Une nouvelle version en un claquement de doigts

Si on souhaite changer de version, par exemple pour avoir un système d'exploitation le plus récent, la plupart des distributions sont à réinstaller au complet. Je sens ici votre envie fougueuse de cliquer sur la croix en haut à droite de votre fenêtre, mais avant de procéder, lisez la suite.

Quand, sous Windows, cette opération source de stress et de lourdeurs nécessite une journée de congé ; changer de version GNU/Linux est tellement plaisant qu'on aurait envie que cela soit plus fréquent ! J'exagère à peine.

Sous Linux Mint, il suffit d'aller dans le gestionnaire de mise à jour afin de débuter l'installation de la dernière version disponible.

Il est intéressant de noter que l'installation d'une version récente n'implique pas de changer d'ordinateur (suivez mon regard accusateur...). GNU/Linux offre des systèmes d'exploitation suffisamment léger pour pouvoir fonctionner sur des ordinosaures que l'on considère obsolètes, avec moins de 4 Go de RAM. Généralement, considérez qu'avec les distributions Linux d'aujourd'hui (2016), un ordinateur d'entrée de gamme avec 4 Go de RAM est quasiment surdimensionné pour les usages courants. Le système minimum préconisé pour installer Linux Mint est de...9 Go d'espace disque et 512 Mo de mémoire vive (1Go pour le confort) !

Évidemment, certains logiciels demanderont sans doute un peu plus que 1 Go de mémoire vive. Mais entre 1 et 4 (ou 8 Go de RAM), l'espace est large !

Enfin, soyez rassuré. Les différentes versions des distributions sont souvent proposées en « cycles longs », communément appelées LTS (Long Term Support). Par exemple, Linux Mint 18 disponible depuis le printemps 2016 sera supporté jusqu'au printemps 2021.

Pour le reste, si vous savez faire un copier-coller, vous saurez réinstaller vos logiciels (qui pour la plupart ne seront pas vraiment à réinstaller puisque l'installation par défaut est souvent très bien fournie). Surtout, c'est avec une simplicité et une rapidité déconcertante qu'il est possible de retrouver tous les paramètres logiciels de l'ancien système, ce qui inclut par exemple vos courriels, vos réglages X du logiciel Y, ainsi que les paramètres complets de votre navigateur, extensions incluses !

Comment cette magie est-elle possible ? La particularité d'une distribution GNU/Linux est que tous les fichiers personnels sont déposés dans un seul et unique dossier nommé, tenez-vous bien, Dossier personnel. Ce dossier renferme aussi des répertoires cachés et ce sont eux qui contiennent tous les paramètres de vos logiciels.

Donc, en un simple copier-coller de la sauvegarde du Dossier personnel et de ses fichiers cachés, tout rentre dans l'ordre comme si rien ne s'était jamais passé. On retrouve en un instant toutes les personnalisations de nos logiciels ; sauf ce qui ne peut naturellement être sauvegardé au niveau du système comme par exemple la luminosité de l'écran ou votre mot de passe pour la connexion au réseau.

GNU/Linux ne viole pas l'utilisateur

GNU/Linux est un système d'exploitation qui ne vous exploite pas.

L'installation par défaut ne comporte pas grand chose d'autre que les logiciels les plus couramment utilisés et totalement fonctionnels sans mettre votre main au portefeuille ou sentir celle de Microsoft farfouiller dans vos données personnelles. La communauté Linux et les développeurs de logiciels libres se fichent royalement de ce que vous faites avec votre ordinateur dont vous êtes le seul responsable. On travaille ou s'amuse avec un système épuré de pratiques commerciales douteuses pour peu qu'on garde un œil ouvert, d'espionnite chronique et dirigisme paternaliste.

Une distribution GNU/Linux n'épie pas, n'analyse pas et ne transmet pas le moindre de vos gestes à « des tiers », même si Canonical a eu un moment d'égarement, un peu de rébellion et tout peut rentrer dans l'ordre paisible des choses [1].

À la sortie de Windows 10 il y a eu (à juste titre) une levée de critiques sur le côté fouineur de ce système d'exploitation. Fouineur étant un euphémisme ; grotesque serait mieux adapté, car quiconque se soucie d'avoir un contrôle à minima de sa machine, et donc de sa vie personnelle, prendra une aspirine en observant la liste des opérations de nettoyage à effectuer sous Windows. Car c'est bien là le propre de ce système d'exploitation propriétaire : installer et/ou paramétrer des cochonneries par défaut en sachant que l'utilisateur devra se battre pour les désinstaller tout en croisant les doigts pour que la prochaine mise à jour n'en réinstalle pas insidieusement !

L'utilisateur n'est pas enfermé

La plupart des distributions Linux sont gratuites. Mieux ! Il n'y a aucune restriction à l'installation et faire des copies est non seulement légale mais encouragé. Cela dit, on peut contribuer financièrement, même modestement, et même si suivant la règle du logiciel libre, personne n'y est obligé le moindrement...

Par conséquent, dite adieu au torticolis mental tel que la mise à jour gratuite durant « x » mois ou années ; les clés d'activation, les licences, les questions sur la façon de passer à la version supérieure soumise de force et le plus rapidement possible (pour qui, quand, comment ?).

Fini les menottes ! Installez Linux Mint ou une autre distribution sur tous les ordinateurs de la famille, du village, de la métropole ! Installez Debian sur votre machine, HandyLinux sur celle(s) de vos enfants, Lubuntu sur celui de votre conjoint(e); installer la version précédente ou la nouvelle et même la futur. Bref, faites exactement ce-que-vous-voulez.

GNU/Linux c'est la possibilité de travailler nativement dans un univers libre, un environnement saint que vous maîtrisez à votre guise et pouvez modifier en fonction de vos connaissances, vos besoins et vos envies. Ou ne rien modifier du tout. En d'autres mots, vous décidez de la direction à prendre et si un jour vous n'aimez plus celle que prend votre distribution fétiche, n'hésitez pas à être infidèle, ce n'est pas les distributions qui manquent.

Un système d'exploitation rodé et complet

La question qu'on se pose le plus souvent est de savoir si tout ce qu'on fait sous Windows sera possible sous GNU/Linux.

La réponse est oui, sauf peut-être si vous prenez votre ordinateur pour une console de jeux ; et encore, quoique.

Toutes les distributions contiennent les équivalents libres des logiciels pour Windows. Une suite bureautique ultra complète, lecteur PDF, client chat, navigateurs, client mail, visionneuse de photo, multi-média, retouche photo et toute une flopée de logiciels spécialisés ou utilitaires. Certaines proposent même des logiciels propriétaires comme Skype ou Flash pour celles et ceux qui ne parviennent pas à s'en passer.

En d'autres termes, à moins d'avoir des exigences aussi pointues que spéciales, on trouvera dans une distribution GNU/Linux, tous les outils nécessaires à la réalisation de nos tâches, des plus courantes aux moins banales.

Interopérabilité

Puisque vous voudrez justement partager des documents avec vos proches restés dans le monde fermé, l'autre inquiétude légitime du profane est de savoir si tous ces programmes, ou plutôt leurs résultats, sont compatibles avec les formats Microsoft.

La réponse est encore un oui presque catégorique. Presque, car le seul vrai problème que l'on peut éventuellement rencontrer se situe surtout au niveau de la bureautique.

Libre Office, ainsi que beaucoup d'autres suites bureautiques libres ou open source utilisent à raison le format OpenDocument qui vise l'interopérabilité entre les documents formatés.

Pour info, les extensions de fichiers au format OpenDocument sont .odt pour le traitement de texte, .ods pour le tableur ; donc différentes du format Microsoft soit respectivement, .docx ou .xlsx.

Par conséquent, si par exemple Writer, le traitement de texte de la suite Libre Office est tout à fait capable de lire et d'enregistrer un document au format Word (doc et docx), certaines mises en pages peuvent parfois souffrir de la conversion, notamment lors de l'impression. Remarquez bien que, inversement, les éléments de la suite office de Microsoft peuvent aussi lire et enregistrer le format OpenDocument, avec bien entendu là aussi quelques bémols (voir les deux derniers liens des autres sources plus bas).

Si vraiment le rendu au millimètre près de vos documents est une importance fondamentale, vous pouvez tester la suite Libre Office facilement puisqu'elle s'installe parfaitement bien sur Windows.

Compatibilité matériel

Au niveau de la compatibilité du matériel, le noyau Linux n'offre guère de résistance. Les ordinateurs et périphériques (claviers, usb, disque externe, souris) sont facilement reconnus. Lorsqu'on visite les forums d'aide, les problèmes les plus fréquents semblent surtout concerner le Wifi des ordinateurs portables et dans une moindre mesure l'installation des imprimantes mais je ne suis vraiment pas persuadé que les utilisateurs de Windows rencontrent moins de difficultés à ce niveau, surtout depuis la version 10 de ce système d'exploitation.

Personnellement, je n'ai jamais rencontré le moindre problème avec Linux Mint.

Ce point m'amène à souligner une caractéristique importante à utiliser abondamment et sans crainte : on peut essayer une distribution Linux sans même l'installer, sans changer quoi que ce soit sur son ordinateur !

Conclusion : et encore plus !

Pour obtenir Linux, il faut être un peu entreprenant au début : chercher, comprendre, découvrir. Il y a donc une véritable démarche à réaliser et c'est d'ailleurs ce qui rend la chose intéressante dès le départ.

Bien évidemment, il faut aussi refuser qu'un système quel qu'il soit ne puisse avoir d'alternative crédible et donc possible. Utiliser GNU/Linux peut aussi représenter, je crois, un geste politique, dans les deux premiers sens donnés sur Wikipédia.

L'utilisation d'un programme informatique étant aussi une question d'habitude, on peut s'aventurer, en guise de conclusion, à dresser une liste minimaliste des situations surprenantes auxquelles on risque de faire face en basculant de Windows à GNU/Linux.

La prochaine fois que quelqu'un vous dit que Linux est compliqué, faites lui poliment remarquer que sa vision des choses a une bonne décennie de retard.

Alors ? On installe ?


Qu'est ce qu'une distribution ?Installer GNU/Linux