Installer GNU/Linux

Installer une distribution GNU/Linux est aussi facile qu'instructif. Simplement, la plupart des opérations à réaliser ne sont pas des choses que l'on fait habituellement lorsqu'on achète un ordinateur qui est déjà pourvu d'un système d'exploitation pré-installé. Les étapes d'installation font donc appel à des domaines ou des fonctions informatiques dont vous n'avez certainement jamais entendu parler auparavant. C'est bien ce fait - et uniquement lui - qui constitue le principal obstacle.

Mais que cela ne vous rebute pas, il s'agit simplement de procéder étapes par étapes.

Cela dit, le but de ce chapitre n'est pas de fournir un énième guide pas-à-pas-didacticiel-tutoriel avec captures d'écran pour chaque clic, mais une vue d'ensemble afin de voir où on met les pieds. On devrait aussi se rendre compte que de nos jours, installer une distribution Gnu/Linux ne nécessite en rien d'avoir une capacité supérieure en informatique, mais seulement et uniquement de bon vouloir.

Voici les ustensiles dont nous avons besoin :

Impératif

Facultatif, mais très recommandé

Note en mode prosélytisme : toutes les distributions (que je connais) viennent déjà avec tous ces outils qui vont bien. Quand on vous dit que Linux c'est facile...

Voici les grandes étapes d'une installation
  1. Choix d'une distribution et de l'environnement graphique.
  2. Acquisition de l'image ISO.
  3. Préparation du média d'installation.
  4. Installation.

C'est parti ! (du principe que vous êtes actuellement sous Windows)

Choisir une distribution GNU/Linux

On ne reviendra pas en détail sur ce qu'est une distribution, le sujet ayant été évoqué au premier chapitre GNU/Linux, qu'est ce qu'une distribution ?, mais simplement un petit rappel.

GNU/Linux offre le choix de différentes distributions (Ununtu, Linux Mint, Handylinux, Debian etc.) qui elles-mêmes proposent un choix parmi plusieurs bureaux (Unity, Cinnamon, Mate, KDE, Xfce, ect.).

Je pense que Linux Mint est une excellente distribution pour débuter. Ce n'est pas un conseil, c'est une opinion. Quelqu'un d'autre pourrait conseiller une distribution différente et nous aurions tout deux raison.

Toutes les distributions citées (sauf peut-être Debian, et encore...) sont parfaitement adaptées aux novices ou simplement aux tâches courantes que la plupart des gens effectuent sur un ordinateur.

En ce qui concerne les environnements de bureau, le choix pourra être un peu plus technique, en sachant que Cinnamon utilise plus de ressources que Mate, qui en utilise autant ou plus que Xfce, ce dernier étant plus gourmand que LXDE. Évidemment, sur les ordinateurs modernes cet aspect de la chose n'a pas vraiment d'importance et on en revient finalement au choix personnel.

Donc, n'hésitez pas à essayer les distributions et les différents environnements graphiques car elles ont toute un mode essai appelé Live CD.

Ubuntu et son environnement par défaut Unity, peuvent être essayés en ligne, donc directement sans même télécharger son fichier ISO.

La façon de choisir un environnement graphique diffère suivant les distributions. Par exemple chez Linux Mint, chacun a un lien disponible sur la seule page de téléchargement. Ubuntu, lui, ne propose que Unity par défaut. Pour les autres environnement graphiques, il faut se rendre sur les pages des différentes « saveurs » : Lubuntu pour KDE, Ubuntu Mate pour Mate, Xubuntu pour Xfce ou Kubuntu pour KDE. Quant à HandyLinux, c'est simple, il en propose un seul : Xfce.

L'architecture

Votre décision prise, il faut aussi la plupart du temps choisir entre une architecture 32 bits ou 64 bits.

Sur les liens de téléchargement, il n'est pas rare de rencontrer les dénominations suivantes : i386 pour 32 bits; AMD64 pour 64 bits.

La question ne se pose pas pour les ordinateurs modernes (disons après 2010) qui ont tous une architecture en 64 bits.

Si vous avez un ordinosaure construit avant 2003, il est certain qu'il soit en 32 bits. Pour les eaux troubles situées entre 2003 et 2009 ou 2010, sous Windows XP il faut faire un clic droit sur Ordinateur puis Propriétés. Si vous voyez 64 bits quelque part dans le panneau qui s'affiche, vous avez votre réponse. Si rien n'est indiqué, alors votre ordinateur est 32 bits. Pour les autres versions de Windows, je vous renvoie au manuel d'utilisation ou aux moteurs de recherche mais la manip. devrait être sensiblement la même.

Autres façons de découvrir l'architecture de votre ordinateur : si Ccleaner est installé, ouvrez-le. A moins que cela ait changé, l'architecture est indiquée en haut de la fenêtre.

Télécharger une distribution

Une distribution est contenue dans un fichier « image disque », plus souvent appelé ISO. C'est un fichier qui a une taille variable, autour de 1,5 Go suivant les distributions, voir un peu plus (quelques centaines de Mo pour les distributions ultra-légères !).

Téléchargement du fichier ISO

Il y a plusieurs façons de télécharger une image ISO, le plus souvent c'est le lien direct qui sera mis en évidence ; on télécharge donc de façon classique en cliquant sur un lien HTTP ou FTP. C'est une méthode qui est très lente.

L'autre façon de procéder est d'utiliser le Torrent. Cette méthode est à prioriser puisqu'elle est beaucoup plus rapide et soulage les connexions vers le serveur de la distribution. Il faudra toutefois installer un logiciel comme BitLord, BitTorrent ou uTorrent.

Sans détailler le fonctionnement de BitTorrent; il s'agit en fait d'un fichier de quelques dizaines d'octets de type .iso.torrent et que l'on télécharge. Ce fichier, une fois lancé, va à son tour télécharger le fichier ISO en tant que tel, par petits bouts mais silmutanément auprès de plusieurs autres personnes qui le mettent à disposition ou qui le télécharge en même temps que vous.

Voyez par exemple Linux Mint où le lien torrent est hélas plutôt discret ; colonne droite, avant-dernière ligne du tableau. Les liens suivants (Primary download mirrors) sont les liens de téléchargement « classiques » en HTTP.

Contrôle de l'image ISO

Quel que soit la méthode de téléchargement employée, vous allez donc vous retrouver avec un gros fichier ISO dont il est conseillé de vérifier l'intégrité. En effet, si le fichier est corrompu, il y a de fortes chances pour que l'installation ne soit pas possible ou se déroule mal.

Cette somme de contrôle (« checksum » ou « MD5 ») vise à vérifier qu'un fichier ISO est strictement celui que l'on est sensé avoir; à l'octet près.

Pour cela, on utilise un petit utilitaire et sous Windows, il faut bien entendu le télécharger.

Préparation du média d'installation

Avant de pouvoir installer une distribution GNU/Linux, il faut d'abord placer son image ISO sur un média amorçable, soit un CD, un DVD ou une clef USB.

DVD

Pour une première fois et si vous ne savez pas comment rendre amorçable une clé USB, on peut conseiller l'utilisation d'un DVD (ou d'un CD si le fichier fait moins de 700Mo. Graver un fichier ISO sur un tel support me semble plus intuitif. Surtout, cette méthode ne nécessite aucune préparation supplémentaire car, tous les miracles étant possibles, il semble que les systèmes de la famille Windows possèdent un outil de gravure intégré. Dans le pire des cas, il faudra en installer un comme cdrtfe ou ImgBurn.

Faites attention de choisir l'option graver (ou copier) des données (image disque, ISO) en vitesse lente.

USB

Si vous préférez utiliser une clef USB, il faut la rendre amorçable à l'aide d'un logiciel tiers comme ImageUSB, LinuxLive USB creator, Rufus, Universal USB installer, ou encore Win32 Disk Manager.

Je ne peux que conseiller Rufus. Simple, rapide et c'est le seul que j'ai essayé. On ne change pas une équipe qui gagne.

Démarrer sur le média d'installation

La seule chose à faire avant de pouvoir débuter l'installation est de dire à l'ordinateur de redémarrer non pas sur le disque dur comme c'est normalement le cas, mais sur le périphérique qui contient l'image ISO.

C'est, je crois, la partie la plus délicate car il n'y a pas plus une seule méthode absolument valable pour tous les cas de figure.

Globalement, l'opération va donc consister à aller soit dans le BIOS si vous avez une machine sous Windows 7 ou antérieur, soit dans l'UEFI si vous avez la version 8 à 10.

Commencez par insérer le support où vous avez transféré l'image ISO (DVD ou USB).

Acceder au BIOS dit « classique » (Windows XP, 7)

Redémarrer votre machine.

Au tout début de l'amorçage, généralement dès que le logo du constructeur apparaît, il faut appuyer ou tapoter sur une touche qui bien entendu n'est jamais la même suivant le constructeur ou le modèle. Généralement, cette touche est indiquée brièvement en haut ou en bas de l'écran par une courte phrase comme par exemple Press F1 to enter setup. C'est souvent une touche de fonction F1, F2 ou F12 ou bien la touche d'échappement ; plus rarement d'autres touches de fonction. Une autre méthode éprouvée consiste à consulter le manuel d'utilisation de l'ordinateur.

Dans le BIOS on se déplace à l'aide des flèches du clavier. Naviguez jusqu'à l'onglet ou la ligne relatif au Boot et changez l'ordre d'amorçage. Pour faire cela, il faut placer le périphérique en premier dans la liste (tout en haut). Habituellement, on doit mettre le périphérique en surbrillance à l'aide des touches flèche puis le positionner (plus haut ou plus bas dans la liste) grâce aux touches F5/F6. Ceci fait, sortez du BIOS en sauvegardant les changements.

Votre ordinateur va redémarrer sur le support que vous avez placé en haut de la liste.

Ordinateur avec UEFI (Windows 8 à 10)

En fait, UEFI remplace le BIOS classique. C'est fantastique car il permet de suivre la tendance du siècle, c'est-à-dire de transformer des choses simples en monstruosités complexes pour toutes les bonnes raisons de l'univers. On passe de une étape à neuf. On vit une époque formidable.

Bref, afin de modifier l'ordre d'amorçage dans ce cas de figure, on peut soit demander à Microsoft, soit se référer aux sources suivantes :

Certaines machines, même équipées de l'UEFI permettent encore d'accéder à un BIOS classique. On parle alors de Mode Legacy ou encore de Compatibility Support Module (CSM)). Pour accéder à ce dernier, il est probablement souhaitable de désactiver au préalable le « fast boot » ou « démarrage rapide ».

Le cas du Secure Boot

Secure Boot est une autre fonction géniale (insérée dans l'UEFI) qui refuse le chargement d'un système d'exploitation autre que Windows s'il n'est pas signé par Microsoft. Cela ne constitue pas plus un problème puisque les distributions majeures comme Ubuntu ou Linux Mint payent la dîme à Microsoft. Si vous voulez installer une distribution moins répandue, qui ne veut ou ne peut se faire racketter, il faudra désactiver Secure Boot dans le BIOS/UEFI si l'option est disponible (donc, bien se renseigner avant achat).

Ultimement, si vous éprouvez de la difficulté à installer GNU/Linux, désactivez Fast Boot, démarrez en Mode Legacy ou CSM, désactiver Secure Boot.

Installer la distribution

Voilà ! Votre ordinateur a démarré sur le média d'installation. À cette étape, un premier écran apparaît avec quelques options et en particulier, celle d'essayer la distribution ou de l'installer. On va donc choisir « Essayer la distribution » et on se retrouve rapidement avec un bureau à l'écran. À ce stade rien n'est encore installé sur le disque dur; le système d'exploitation fonctionnant en mode d'essai Live CD, c'est-à-dire sur la mémoire vive (RAM) de l'ordinateur.

Vérifiez que tous les périphériques fonctionnent correctement ainsi que la connexion Internet.

Notez l'icone Poste de travail, qui donne accès à l'ensemble de l'ordinateur, y compris les partitions Windows. Vos yeux écarquillés découvrent donc la méthode probablement employée par votre magasin d'informatique à qui vous avez peut-être un jour demandé de récupérer vos fichiers personnels après un plantage corps et âme de Windows...

Puisque vous êtes satisfait de la tournure des évènements, il est temps maintenant de se lancer dans l'installation proprement dite. À vrai dire, certainement la partie la plus facile à réaliser.

Double clic sur l'icône d'installation et c'est parti !

Windows étant sur votre machine, l'installateur devrait demander ce que vous souhaitez faire : une option est d'installer Linux à côté de Windows, ce qu'on appelle un double amorçage ou en français un dual boot. Ceci permet lors du démarrage de l'ordinateur de choisir le système d'exploitation à lancer. L'autre option est d'installer la distribution sur tout le disque, ce qui a pour effet d'écraser impitoyablement Windows et donc de lui dire adieu.

Pour avoir essayé la première solution, je dois dire que je préconise la seconde. Premièrement parce qu'à la longue, il est assez pénible et fastidieux de devoir redémarrer à chaque fois que l'on veut passer d'un système d'exploitation à l'autre. Deuxièmement parce que démarrer Windows moins souvent devient assez vite une punition quand on doit passer par une montagne de mises à jour. Donc, à moins d'avoir un besoin très spécifique, il n'y a pas de fatalité qui oblige à conserver Windows surtout que lorsqu'on installe GNU/Linux c'est aussi pour s'affranchir de Microsoft !

L'autre problème est que si Windows se met à fonctionner sur trois pattes et qu'on désire le réinstaller, cela devient un long poil plus compliqué. On ne peut pas non plus faire confiance aux mises à jour Microsoft qui finiront tôt ou tard par foirer le système de double amorçage.

Si vraiment on veut garder une copie de Windows, il y a une solution bien plus propre et sécuritaire : la machine virtuelle.

Ainsi qu'annoncé plus haut, il n'y aura pas de démonstration pas à pas de l'installation. Cela me semble inutile d'une part parce que le Web fourmille de bons didacticiels et d'autre part parce qu'il s'agit en fait de répondre tout bonnement à quelques questions de configuration aussi peu compliquées que renseigner votre fuseau horaire ou choisir un mot de passe. Les grosses difficultés sont loin derrière.

Un mot cependant au sujet de la partition du disque. Dans le processus, il faut aussi choisir le type d'installation désirée. Une option crée les partitions de façon automatique. Tout novice qui se respecte devrait choisir cette option, qui est normalement celle par défaut. Ainsi, durant cette étape délicate, vous n'aurez en fait rien d'autre à faire que d'accepter les paramètres proposés. Tout seul comme un grand, l'installateur va déposer GNU/Linux sur votre disque dur sans tambours ni trompettes. Plus tard, une fois le système installé, vous pourrez voir (et modifier), de façon graphique, ce qui a été réalisé à cette étape à l'aide d'outils comme l'utilitaire de disque ou Gparted.

Partitionner un disque cela veut dire qu'on partage le disque en plusieurs parties. Dans le cas d'une installation automatique de GNU/Linux, l'installateur va créer un espace pour le système en lui-même, un autre pour le swap et le plus grand espace sera réservé aux données personnelles.

Quant aux autres options (chiffrer le disque, utiliser LVM ou autre chose), oubliez-les pour l'instant. Vous aurez tout le loisir de jouer avec elles lorsque après avoir installé votre première distribution, vous serez tellement enthousiaste que vous voudrez les collectionner comme d'autres collectionnent les cartes postales.

L'installation de la distribution est maintenant terminée. Gardez bien en tête votre ou vos mots de passe créés lors de l'installation, vous en aurez besoin relativement souvent, en tout cas à chaque mise à jour.

Plans B, C et D en cas de difficultés majeures

Partant du principe que pour un néophyte, tout ce processus semble un tantinet lourd et peut amener au découragement avant même d'essayer, il existe des méthodes plus ou moins directes pour parvenir à ses fins.

Demandez de l'aide

Les forums sont les sources à consulter prioritairement. Unbuntu a par exemple un forum très actif et une documentation aussi riche que simple à comprendre. Notez encore que tout ce qui se rapporte à Ubuntu est transposable à Linux Mint ou d'autres distributions basées sur Debian/Ubuntu.

On peut aussi vérifier s'il y a un GULL dans son coin de pays, ou tout autre association pour le Logiciel Libre.

Aussi, des sites comme Parrains Linux mettent en relation les personnes expérimentées et les novices.

Acheter un DVD ou une clé USB

Une solution simple et pour un prix vraiment dérisoire, OSDisc est le site de référence qui permet l'acquisition d'un DVD ou d'une clé USB chargé avec la distribution de son choix. Ils expédient dans tous les coins du monde et pour pas cher.

Dans le même ordre d'idées, Multi système est une clé qui contient la dernière version de Ubuntu. L'avantage est qu'on peut ajouter des images ISO d'autres distributions.

Bien entendu, ces supports ne permettent pas de se soustraire à l'installation proprement dite du système d'exploitation mais vous n'aurez ni à le télécharger, ni à préparer le média.

Acheter un ordinateur pré-installé avec Gnu/Linux

Lorsqu'on désire changer de machine, de nombreux commerces ou associations proposent des ordinateurs équipés de Gnu/Linux.

Conclusion

La difficulté à installer une distribution GNU/Linux n'est qu'apparence. Naturellement, la première tentative pourra sembler un peu longue et fastidieuse mais considérez les choses suivantes :

Enfin, en cas d'échec d'une première tentative, réveillez le John Connor qui sommeille en vous.


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